Lancé en cette période historique de la R.D.C., cet appel à l’éradication de l’analphabétisme semble se fonder sur certaines convictions formulées par Cairns (1989), sous forme de questions, en ces termes : « Quand la majorité de la population est analphabète, comment réaliser les objectifs et les ambitions de la nation ? Et comment, dans ces conditions, parvenir à un développement équitable ? Comment les individus et la société tout entière peuvent-ils avoir l’espoir d’une authentique libération ? »
Cependant, compte tenu de l’histoire de la R.D.C. et des objectifs fixés pour son avenir, particulièrement à travers la Constitution de la Troisième République, l’alphabétisation doit être conscientisante pour qu’elle joue le rôle qu’on entend lui attribuer actuellement (soutenir le processus démocratique et de reconstruction du pays). Tel est notre propos dans cet article. Mais avant tout, examinons d’abord la situation actuelle de l’analphabétisme en R.D.C.
L’analphabétisme en R.D.C.
Comme nous l’avons écrit dans un article antérieur (Mokonzi, 2005a), suivant les résultats de l’enquête menée par l’UNICEF en 2001, en R.D.C. un adulte sur trois (32%) ne sait ni lire ni écrire. L’analphabétisme frappe, comme dans la plupart des pays du tiers monde, plus les femmes que les hommes. C’est ainsi que 44% de celles-là contre 19% de ceux-ci sont analphabètes, soit un indice de parité de 0,691. Ces estimations de l’UNICEF concordent en gros avec celles de l’UNESCO, lesquelles mentionnent, pour la R.D.C., un taux d’analphabétisme de 34,7% de la population adulte âgée d’au moins 15 ans au cours de la période de 2000-2004. Ce taux s’élevait, au cours de la même période, à 20,2% pour les hommes et 48,1% pour les femmes, écart traduit par un indice de parité de 0,65.
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