Encore un nouveau scandale à la Communauté française et à la Région wallonne et un gros cette fois ! On l’a révélé publiquement ce jeudi 23 décembre, mais personne ne semble avoir remarqué la portée incroyable de l’information. La région Wallonne vient en effet d’annoncer son intention de dépenser 50 millions d’Euros pour rénover le circuit de Francorchamps. De quoi payer quelque 3.000 professeurs, contre une quinzaine avec l’argent du cabinet Arena. La question intéressante qui se pose désormais est de savoir quelles seront les réactions de la presse populiste (insulte à ne pas confondre avec "presse populaire", qui est un titre de gloire) et des partis de l’opposition (écolos y-compris). Vont-ils dénoncer le scandale avec la même force que dans le cas de Mme Arena ou bien vont-ils applaudir son coreligionnaire, M. Happart, pourtant 150 fois plus dépensier qu’elle ? J’attends avec impatience la réponse. Car si, comme je le crains, Francorchamps ne recueille que des félicitations, alors il ne reste décidément plus que deux possibilités. Soit tout cela relève banalement du machisme : Olivier Maroy n’arrivera sans doute pas à faire pleurer José Happart en studio, même après quinze minutes de harcèlement. Ou alors il faudrait croire que la campagne anti-Arena n’a rien à voir avec les dépenses d’enseignement ou de cabinet mais a été adroitement orchestrée par une célèbre marque de sodas sucrés, dont le pouvoir politique et financier dépasse largement celui de la lilliputienne Communauté française. Je n’ai jamais fait confiance à la réaction trop polie ("nous avons été surpris mais nous respecterons la décision") du représentant de ce géant américain de l’obésité suite à l’annonce de l’interdiction de ses distributeurs dans les écoles, alors même que, déjà, La Dernière Heure se déchaînait en un grand titre à la une : "incroyable mais vrai : le Coca interdit à l’école". Quant à Marie Arena, elle fait ce que tous ses prédécesseurs on fait avant elle : faute du courage politique qu’il faudrait pour toucher réellement aux inégalités scolaires en Belgique francophone ( ce qui impliquerait de refinancer l’enseignement, de fusionner les filières jusqu’à 16 ans et d’éliminer les marchés scolaires, donc les réseaux) elle se réfugie dans des dépenses de prestige (le cabinet) et des politiques de bouts de ficelles (le "contrat stratégique").