Programme pour l’enseignement obligatoire en Belgique

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Le 8 novembre dernier une vingtaine de membres et amis de l’Aped se réunissaient pour discuter de notre projet d’école sur base d’un texte intitulé Changer l’école pour changer le monde. Ce texte avait pour vocation de répondre à une objection formulée de temps à autre : « Vous dénoncez les dérives du système éducatif, ses aspects non démocratiques, mais vos alternatives se limitent à des grands principes. Que voulez-vous concrètement ? »

Les échanges furent très riches. Néanmoins, nous avons enregistré ce jour-là et dans les jours qui ont suivi quelques remarques que l’on pourrait résumer comme suit : « Votre vision de l’école telle qu’elle devrait être est excellente, mais il y a un tel fossé entre cette école-là et l’école que nous connaissons qu’on ne voit vraiment pas par quel chemin on pourrait y arriver ! » C’est pourquoi nous avons voulu proposer un nouveau texte. Celui-ci ne remplace pas le précédent. Il le complète en proposant un programme pour lequel nous estimons qu’il est possible de lutter dès maintenant. Cela ne signifie pas qu’il pourrait être d’application à la prochaine rentrée. Mais bien que l’heure est venue de débattre, de chercher des alliés, bref de mener une lutte politique pour obtenir des avancées concrètes.

 

Lutte contre l’échec scolaire et la sélection sociale
1. L’école et les enseignants ont pour mission de faire réussir tous les élèves, de les faire tous accéder aux savoirs et compétences fixés par les programmes. Il faut remédier aux difficultés dès qu’elles apparaissent, et non quand il est trop tard. Les sanctions d’échec doivent être remplacées par des mesures de rattrapage et de remédiation. Celles-ci ne doivent pas intervenir seulement en fin d’année mais aussi et surtout tout au long de l’année scolaire.
2. Des cours de rattrapage collectifs et des séances de cours particuliers (pour les élèves en grande difficulté scolaire) sont prévus dans toutes les diciplines en cours d’année. Ils sont organisés en dehors des heures et/ou jours de cours normaux. Les conseils de classe décident qui peut/doit suivre de tels cours.
3. Des cours de rattrapage sont également organisés pendant les vacances scolaires d’été. Ils doivent remplacer les examens de passage là où ceux-ci existent encore (donc surtout dans l’enseignement secondaire). Ils ont un caractère obligatoire sur décision du conseil de classe.
4. L’élève doit apprendre à fournir un travail personnel et à l’organiser. Un système d’étude dirigée, après les heures de cours, sera mis en place dans tous les établissements et en particulier dans l’enseignement primaire. Les élèves pourront y effectuer leur travail personnel en bénéficiant de toute l’infrastructure nécessaire : bibliothèque, ordinateurs, etc.
5. L’élève qui, malgré cette aide, ne fournit pas les efforts nécessaires ou ne parvient pas à atteindre le niveau requis est soit orienté vers l’enseignement spécialisé, soit invité à rejoindre une classe d’élèves plus jeunes. Une telle décision appartient aux parents, après avis du conseil de classe et du PMS. Ceci devrait garder un caractère exceptionnel.
6. Si un établissement compte régulièrement un pourcentage anormalement important d’élèves en situation d’échec (p. ex. > 2%), les services d’inspection doivent intervenir pour analyser, avec l’équipe éducative, les causes et les moyens de remédier à cette situation. Ils peuvent éventuellement, s’ils le jugent nécessaire, accorder des moyens supplémentaires à cet établissement, mais moyennant une obligation de résultat et un contrôle pédagogique régulier. S’ils jugent que la situation est le résultat de phénomènes de concentration sociale, ils peuvent demander une modification des « zones de recrutement prioritaires » (voir plus loin).
7. Si, dans un établissement donné, un enseignant obtient régulièrement des résultats beaucoup moins bons que ses collègues, la direction a le devoir d’intervenir et de chercher une solution, éventuellement avec l’aide des services d’inspection.

Mettre fin à la dérégulation et à la différenciation dualisante des contenus

8. Il faut en revenir à des programmes formulés en termes d’objectifs stricts (tant cognitifs que de compétences), mettre fin à la dérégulation introduite par « l’approche par compétences » telle qu’elle est appliquée aujourd’hui.
9. Les programmes doivent être identiques pour tous les réseaux d’enseignement, afin de ne pas mettre en grande difficulté les élèves qui changent d’école.
10. Des manuels scolaires de référence, basés sur les programmes officiels, doivent être mis à la disposition des enseignants. Des sites Internet officiels doivent fournir simplement, pour chaque dicipline et chaque point du programme, une offre complète et diversifiée de matériel didactique : documents de référence, articles de presse, bases de données, images et vidéos, simulations, etc.
11. Il faut un seul et même service d’inspection et de conseil pédagogique pour tous les réseaux. Celui-ci doit être suffisamment important pour assurer un réel accompagnement de chaque établissement, de chaque enseignant.
12. Le principe de ce pilotage est d’être très strict sur les objectifs cognitifs et les compétences requises, mais de laisser à chaque enseignant une grande autonomie en matière de méthode didactique.
13. Des épreuves standardisées sont proposées pour évaluer les acquis des élèves sur chaque point du programme. Elles servent de base à la mise en œuvre de la remédiation telle que décrite plus haut. Elles assurent que les enseignants des différents établissements ou niveaux soient bien « sur la même longueur d’onde » dans l’interprétation des exigences du programme.

Limiter l’impact du marché scolaire belge

14. Pour chaque établissement, on établit une « zone de recrutement prioritaire », en tenant compte de critères géographiques, démographiques, sociaux ainsi que des moyens de transport disponibles. Les enfants domiciliés dans une zone donnée ont la priorité pour être accueilli dans les écoles de cette zone.
15. En fin d’école primaire, sur base du choix du réseau par les parents, l’enfant se verra proposer une école secondaire. A la demande des parents, et pour autant que celle-ci intervienne avant le 15 juillet, ce choix d’école peut être modifié.
16. De même, en cours de scolarité primaire ou secondaire, toute demande de changement d’école doit internvenir avant le 15 juillet. L’acceptation d’une telle demande est toutefois soumise aux règles de priorité des zones de recrutement. Si elle le juge nécessaire, l’équipe éducative de l’ancien établissement peut appuyer la demande et l’argumenter. Après la priorité de zone, la préférence sera accordée aux demandes les plus justifiées.
17. Dans l’enseignement officiel ne subsistera qu’un seul réseau, avec partage de compétences entre la Communauté (programmes, inspection, nominations, recrutement…), la province (investissements, infrastructures lourdes) et la commune (bâtiments, infrastructures sportives, participation à la vie culturelle et associative locale, etc.) Des transferts de moyens seront organisés depuis les communes et provinces les plus riches vers les communes et provinces les plus pauvres.
18. Les écoles du réseau libre qui le souhaitent pourront se transformer en écoles officielles. Cela suppose l’abandon de toute référence religieuse et un accord sur les modalités de transfert de propriété des bâtiments scolaires.

Contenus et filières d’enseignement

19. Afin de rendre le passage du primaire au secondaire moins brutal, les élèves de sixième primaire reçoivent déjà quelques heures de cours de la part d’enseignants du premier cycle secondaire.
20. Les trois premières années de l’enseignement secondaire (cycle I, jusqu’à 15 ans) sont entièrement communes. Les deux années suivantes (cycle II) les élèves recoivent environ 70% de formation commune et 30% de cours au choix. La sixième année secondaire est soit une année préparatoire à l’enseignement supérieur, soit la première année d’une formation qualifiante dont la durée peut être variable (selon le type de qualification).
21. Le nombre de cours au choix au Cycle II doit rester limité. Il ne s’agit pas encore de faire une spécialisation professionnelle, mais de permettre à l’élève d’approfondir une ou plusieurs disciplines : mathématique, langues modernes ou anciennes, sciences humaines, sciences exactes,
22. Pour ceux qui sortent (à 18 ans ou plus) de l’enseignement sans diplôme, on prévoira une filière de formation professionnelle directement liée au travail (apprentissage ou formation en alternance).
23. Les élèves qui terminent l’année préparatoire à l’enseignement supérieur subiront une épreuve générale ainsi qu’une épreuve spécifique en fonction de leur choix d’études supérieures. Les résultats de ces épreuves ne constituent pas des sanctions mais permettent à l’étudiant de se situer et de juger de la faisabilité de son choix d’étude. Ils seront néanmoins transmis à l’institution d’enseignement supérieur qui pourra, le cas échéant, conseiller ou imposer des cours de mise à niveau.
24. Une année complémentaire de préparation à l’enseignement supérieur sera également organisée, soit dans les écoles de l’enseignement secondaire soit dans les instituts d’enseignement supérieur. Elles offriront des formations modulaires aux élèves qui, au vu de leurs résultats aux épreuves finales, estimeront ne pas être encore prêts à entrer dans l’enseignement supérieur de leur choix. Elles serviront également de passerelle aux étudiants qui, après avoir suivi une formation qualifiante, souhaiteraient néanmoins tenter une formation supérieure.
25. L’enseignement dispensé à tous est à la fois général et polytechnique. A 18 ans, tous les élève auront reçu une formation de base dans les domaines suivants : sciences (physique-chimie / sciences naturelles, géographie physique), mathématiques, histoire, géographie humaine et économie, arts plastiques, musique, langue maternelle, littérature, philosophie, éducation physique, langues étrangères, technologies domestiques, industrielles, bureautiques et agricoles.

Vivre et travailler à l’école

26. Dans tous les réseaux les chefs d’établissement seront élus et révoquables par les enseignants. L’appel aux candidats est public et ouvert à toutes les personnes disposant du diplôme et de l’expérience requis.
27. On organisera, de façon adaptée aux différents âges, la participation des élèves dans la gestion quotidienne de l’établissement (conseils de discipline, élaboration des règlements, vie culturelle, associative et politique à l’école, organisation pratique des tâches collectives) ; un temps spécifique est prévu à cet effet, mais pas au détriment du temps d’enseignement.
28. Un conseil de discipline est constitué dans chaque établissement. Il est composé d’enseignants, d’éducateurs et d’élèves (dans l’enseignement secondaire) ou de parents (dans le primaire). Lui seul peut prendre des décisions de sanction disciplinaires graves, comme l’exclusion temporaire des cours ou le renvoi. En général, on privilégiera des sanctions de type « travaux d’utilité publique ».
29. La charge de travail hebdomadaire des enseignants sera allégée, de façon à leur permettre d’assumer les tâches de remédiation pour les élèves en difficulté ainsi que leur participation à la vie de l’école.

Encadrement et financement

30. Le nombre d’élèves par classe doit être adapté aux exigences pédagogiques : 15 élèves par classe dans les 3 premières années du primaire et en maternelle, 20 en fin de primaire et dans le premier cycle secondaire, 25 par classe maximum en fin de secondaire.
31. Un encadrement suplémentaire doit être prévu pour les structures de remédiation et de rattrapage.
32. L’enseignement doit être gratuit : les établissements doivent disposer d’un budget suffisant pour financre l’organisation des activités extra-scolaires, sans solliciter les parents.
33. Les livres scolaires et autres fournitures scolaires coûteuses doivent être mis gratuitement à disposition des élèves (moyennant éventuellement une caution).
34. Des moyens supplémentaires doivent être investis dans la formation continuée des enseignants. Mais celle-ci ne peut pas être réalisée au détriment du temps d’enseignement des élèves : il faut donc prévoir le remplacement des professeurs en formation et organiser celle-ce de manière à ce que ce remplacement soit possible.
35. Tout cela signifiera que le budget de l’éducation doit être amené à un minimum de 7% du PIB.

Nico Hirtt est physicien de formation et a fait carrière comme professeur de mathématique et de physique. En 1995, il fut l'un des fondateurs de l'Aped, il a aussi été rédacteur en chef de la revue trimestrielle L'école démocratique. Il est actuellement chargé d'étude pour l'Aped. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'école.

4 COMMENTS

  1. > Programme pour l’enseignement obligatoire en Belgique
    J’ai enseigné pendant 5ans( 82/87) en maternelle en quartier défavorisé à BLOIS.

    J’ai bien étudié le maximum d’ouvrages pédagogiques tels que
    – l’école active de FERRIERE
    – l’apprentissage précoce de la lecture de COHEN
    – les ouvrages d’E. CHARMEAU, FOUCAMBERT, de Laurence LENTIN (chercheuse au CNRS) etc..

    J’ai essayé d’aider les élèves à développer leur LANGAGE (en particulier en leur apprenant une quarantaine de chansons, qu’ils étaient invités à chanter devant un enregistreur de cassettes, d’abord à plusieurs puis seuls , puis à s’écouter, ce qui leur plaisait énormément …. pour développer leur CONFIANCE EN EUX ).

    Je leur ai proposé de nombreux jeux de PRELECTURE, fabriqués en carton, afin de les aider à reconnaitre une centaine de mots globalement, toutes les lettres , plusieurs « mariages » (oi, on, ou, an, en, am, etc..etc.. et évidement les nombres jusqu’à 20

    Sitôt qu’un élève avait réussi un « jeu », il était invité à aller aider un plus lent, ce qu’il faisait avec plaisir, ce qui aussi lui aidait à développer une grande CONFIANCE EN LUI !!

    IMPORTANT : 1) j’essayais d’être joyeux, plein d’humour et saisissait la moindre occasion pour « faire le clown » (un « bon » enseignant doit être un peu « comédien », pour conserver l’attention de ses élèves).
    2) comme je voyais les parents presque tous les jours, je leur répétais sans cesse, qu’ils limitent (voire suppriment !!) la télé !!!
    A noter aussi que chaque fois que possible, je dialoguais avec les parents , en toute simplicité, ainsi qu’avec le personnel de service, me considérant comme un simple « rouage » de l’équipe éducative …

    Voici ce qu’en ont dit les deux maîtresses de cours Préparatoire, (la classe suivante ) la dernière année :
    a) la 1ère me dit : « les élèves sont tellement bien préparés, tellement motivés pour apprendre à lire, qu’en trois mois, ils maitrisent les bases de la lecture
    b) la 2èmen (très autoritaire..) dit : « d’habitude, il y a une tête de classe qui, en fin d’année parvient à acquérir de bonnes bases; mais d e nombreux élèves, en fin d’année peinent beaucoup à déchiffrer un texte simple ; mais il y a toujours un reste « irrécupérable », qui même en redoublant seront toujours en échec scolaire.

    Cette année, CE N ‘EST PLUS DU TOUT PAREIL !
    Il n’y a plus de tête de classe , mais PRESQUE TOUS LES ELEVES , EN FIN d’ANNEE, ONT ACQUIS LES BASES DE LA LECTURE

    Conclusions de ce témoignage : c’est entre trois et six ans que l’on peut le plus efficacement préparer les enfants à éviter l’échec scolaire,
    – en lui apprenant d’abord à s’exprimer
    – en lui développant une grande confiance ne lui
    – en lui apprenant, très progessivement, sous forme de jeux, pour commencer, donc d’une façon agréable, les « prérequis » (les bases indispensables).
    – en leur apprenant l’entr’aide : celui qui réussit mieux dans un domaine, aide un plus faible dans ce domaine.
    – etc.. etc..

    A votre disposition pour tout renseignement complémentaire .

  2. > Programme pour l’enseignement obligatoire en Belgique
    il faut se pencher sur le problème des titres requis, suffisants etc. et des salaires qui sont différents pour des tâches semblables.
    Il n’est pas normal que les directions aient autant de dificultés à organiser leurs équipes tout au long de l’année scolaire à cause de difficultés administratives insurmontables

  3. Compte rendu des discussions sur ce texte, réunion du 26 juin.

    Projet de programme pour l’enseignement obligatoire

    1/ Petit retour en arrière sur le 1er chapitre: pour Philippe, il faut absolument insister sur le fait qu’un investissement massif dans le fondamental résoudrait pas mal de difficultés dans le secondaire.

    2/ Deuxième chapitre (§ 8 à 13) Mettre fin à la dérégulation et à la différenciation dualisante des contenus.

    Jean-Pierre rappelle notre souhait : aller vers une centralisation de la définition des contenus et une autonomie sur le plan pédagogique.

    – § 8 : Ludo signale qu’en Flandre la dérégulation serait moins avancée qu’en communauté française. Il faudrait adapter le titre dans la version nl.

    – §10 : manuels de référence, programmes officiels, etc. Nous risquons bien de devoir enseigner des contenus « conservateurs ». Oui, mais notre premier objectif est de répondre à un besoin : fournir aux élèves comme aux enseignants des outils de travail (dans le professionnel, on ne trouve quasiment rien !) Il y aura bien sûr des problèmes idéologiques, surtout dans des cours comme l’histoire, mais ce que nous cherchons d’abord, c’est une centralisation qui réduise les inégalités. A chaque professeur progressiste de prendre la distance critique nécessaire par rapport à des contenus « de droite ». La définition des contenus sera affaire de rapport de forces.

    – § 13 : on risque d’y voir une porte ouverte à un classement des écoles. Nous devons être plus explicites sur nos motivations, sous peine d’être confondus avec les libéraux (Destexhe propose le même genre d’idée). Notre intention est de lutter contre la dualisation, pas de l’accroître.

    3/ Troisième chapitre (§14 à 18) Limiter l’impact du marché scolaire belge

    Nombreux sont les participants à douter de la pertinence de la carte scolaire. Tout aussi nombreux ceux qui y voient un passage obligé.
    Aperçu des arguments, des questions et des solutions développés ce samedi.

    Les remarques:

    Pourquoi aller vers la carte scolaire quand le droit à l’inscription est de mieux en mieux garanti juridiquement ? (Ludo)
    Ludo est très attaché aux différents types de pédagogie, aux différents types d’écoles, ainsi qu’aux initiatives prises par certaines d’entre elles (l’exemple d’une ludo(!)thèque est cité). Le choix des parents se fait aussi sur le critère pédagogique : voulons-nous liquider ce choix ?
    Par ailleurs, Ludo manifeste encore son attachement à des écoles de proximité.
    Pour Tom, s’attaquer au choix des parents serait liberticide.
    Arnaud pointe une difficulté d’ordre tactique : comment allons-nous avancer notre conviction dans des conditions hostiles ? En effet, il y a une différence entre l’intérêt d’une classe sociale et ce qu’elle perçoit de son intérêt. Pour la petite bourgeoisie enseignante et ouvrière « blanche », notre idée de carte scolaire est indigeste. Et la classe qui est la victime du marché scolaire, la classe ouvrière d’origine étrangère, n’a pas les moyens d’agir, elle est hors course.
    Katrien travaille à Menen, près de la frontière linguistique … et de la France, une région où beaucoup de parents traversent les frontières pour aller travailler et pour inscrire leurs enfants dans l’école de leur meilleure convenance. Elle imagine mal comment défendre notre idée de carte scolaire dans cette région.
    Tom considère qu’il serait bien plus pertinent (et révolutionnaire) de mettre plus de moyens au service des écoles, pour y ouvrir par exemple des activités de jeu, de sport, des bibliothèques,etc. Ce que fait le Fire Gym club bénévolement à l’heure actuelle…En d’autres termes, offrir aux enfants défavorisés tous les moyens dont ils ne disposent pas chez eux.

    Des arguments pour la carte scolaire et des propositions concrètes :

    Herman attire l’attention sur la débauche d’énergie et d’argent que représente le marketing scolaire. Que ne font pas les écoles pour s’attirer des élèves ! Il propose une interdiction de la publicité scolaire.
    Hugo avance une explication à la résistance par rapport à la carte scolaire : la liberté de choix de l’école est une idéologie profondément intégrée par la population, d’ailleurs inscrite dans le Pacte scolaire et dans la Constitution. Elle garantit une ségrégation, un refus du mélange social (surtout de la part des classes aisées). Une solution : rassurer et garantir que le niveau sera satisfaisant partout. Promouvoir une approche positive de la mixité sociale.
    Il faudra les moyens de réussir, même si Jean-Pierre n’est pas d’accord d’attendre que toutes les conditions soient réunies pour imposer une redistribution des élèves. Parce que, tant qu’on ne l’impose pas, les plus riches continueront de réunir leurs enfants dans des écoles d’élite.
    Hugo répond à l’objection de Ludo (son attachement aux différences de projets pédagogiques) : cette liberté pédagogique a aussi un coût pour les parents, ce qui provoque une sélection sociale.
    Tino rappelle notre attachement fondamental à un enseignement public unique. Ce que nous devons faire, c’est énumérer et avancer des arguments positifs. Et de citer des exemples : 1° Au lieu de gaspiller de l’énergie et de l’argent dans la concurrence, on pourrait avoir une meilleure organisation, une meilleure planification. 2° Le risque de voir son enfant inscrit dans une école ghetto disparaîtrait. 3° Obligation peut être synonyme de progrès, comme ce fut le cas avec l’instauration de l’obligation scolaire.
    Pour montrer qu’une augmentation des moyens sans carte scolaire ne suffit pas, le cas de ces écoles bruxelloises en discrimination positive : l’école est super-équipée, puisque très subsidiée, mais le mélange social ne se fait toujours pas. Les parents des classes moyennes ne veulent tout simplement pas mettre leurs enfants dans des implantations ghettos.
    Hugo établit le lien entre la carte scolaire et la suppression des filières d’enseignement hiérarchisées. La suppression des filières pourrait déjà résoudre une partie du problème. Hugo défend l’idée de carte scolaire car les écoles et les familles bourgeoises contournent de 36 manières l’obligation d’inscription.
    Annemie souhaite voir concrètement comment le découpage de la carte pourrait se faire pour organiser une vraie mixité sociale. Si on veut convaincre, il faut prouver que ce découpage est possible partout.
    Herman et Ludo s’accordent à dire que même si la carte scolaire voit le jour, les écoles où il y a le plus d’enfants défavorisés devraient toujours bénéficier d’un financement D+.
    Jean-Pierre conclut en rappelant le texte de Makarenko mis en exergue du premier texte de Nico : il faut une convergence de nombreuses conditions pour atteindre un résultat global.

  4. > Programme pour l’enseignement obligatoire en Belgique
    Très lourd tout ça !
    Tout enseignement est une manipulation !

    Un enfant peu jouer avec les chiffres et la géométrie non trafiquée !!
    Plus une bibliothèque mis à dispositon. Le reste du temps ds la nature, notre mère la terre qui nous porte le temps d’une vie met toute notre nourriture necessaire à notre disposition !!!!
    La vie peut reprendre son court sur terre sans emeute.

    Vos enseignements tous autant les uns que les autres ne sont que des manipulations pour trouver une poignée de zombis à mettre au service des multinationales!

    Chaque Ame à une vocation sur terre mais personne n’en parle, nous ne sommes surement pas ici pour remplir une offre d’emploi à la mode de l’époque !!!!
    Madeleine

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